Une résidence de journalistes à la Maison de l’Environnement

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Soutenue par la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, cette résidence vient croiser les enjeux d’éducation aux médias et à l’information avec le traitement par les médias du réchauffement climatique et de l’effondrement de la biodiversité. Elle permet, non seulement, de souligner l’importance d’une meilleure prise en compte de ces problématiques par les médias, mais aussi de questionner la réception de ces informations par les citoyens.

Si les média ont un rôle à jouer pour contribuer au dynamisme du débat démocratique et à l’accompagnement au changement dans une perspective de transition sociale et solidaire, il est indispensable de repenser la relation des citoyens aux médias, et des médias aux citoyens.

Deux journalistes pour accompagner les réflexions

Florence Gault

Journaliste, a travaillé pendant 16 ans dans l’actualité chaude en radio.

La réflexion autour du « Monde d’après » lors de la pandémie de Covid-19 l’amène à s’interroger sur la place et le rôle des médias dans la prise de conscience des citoyens face à l’urgence écologique. En 2021, elle décide de devenir journaliste indépendante et se spécialise sur les enjeux écologiques. Elle se forme au journalisme de solutions et devient, en 2023, formatrice certifiée par le Solutions Journalism Network. Et en parallèle, développe “L’atelier des médias”, un atelier ludique pour inviter à réfléchir sur notre manière de nous informer.

Elle décide de créer un podcast intitulé “En un battement d’aile” pour faire découvrir des solutions aux enjeux écologiques, sorti début octobre 2023.

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Noélie Coudurier

Elle est une journaliste avec plus de 15 ans d’expérience dans la presse spécialisée, mais aussi une chargée de campagne pour les ONG.

Rédactrice en chef d’un magazine dédié aux problématiques rencontrées par les territoires (mobilités, énergie, environnement, déchets, urbanisme, eau et assainissement, etc), elle a ensuite exercé au poste de Responsable de campagne climat-énergie, financement de la transition, agriculture et sécurité alimentaire au sein de l’ONG Oxfam France où elle a notamment été cheffe de projet sur l’Affaire du Siècle. Désormais, elle collabore pour plusieurs titres magazine, opère pour certaines ONG et conduit des formations sur la thématique écologique dans des rédactions locales et nationales. En lien avec les enjeux écologiques, ses autres sujets de prédilection sont la justice climatique et sociale, l’agriculture et l’alimentation, et plus largement les inégalités.

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Pourquoi cette résidence ?

Le constat est double :

Le traitement médiatique des enjeux écologiques est aussi crucial qu’épineux. Les médias se doivent de dépasser l’accumulation de faits pour faire comprendre un phénomène global, technique et anxiogène. Informer justement, sans catastrophisme ni dénialisme.

La part, en moyenne, des sujets évoquant l’écologie dans les médias est de moins de 1%. Pour le sociologue spécialiste du traitement médiatique de l’écologie, Jean-Baptiste Comby, « les journalistes cherchent moins à faire comprendre qu’à faire prendre conscience ». C’est-à-dire qu’on montre les effets du changement climatique mais qu’on en explique peu les raisons, ni ce qu’il est possible de faire pour agir. Le récit médiatique des enjeux écologiques est plutôt tourné  aujourd’hui vers un discours de l’effondrement et de l’incertitude. Ce qui a des répercussions profondes sur la réception du message.

Dans le 2ème volet de son 6ème rapport, le GIEC a interpellé les médias. « Les médias traditionnels, presse écrite et audiovisuelle, encadrent et transmettent les informations sur le changement climatique », explique-t-il. « Ils ont un rôle crucial dans la perception qu’en a le public, sa compréhension et sa volonté d’agir. »

Et les Français sont demandeurs. Une récente étude de la fondation Descartes sur « Information et engagement climatique » montre que seuls 18,1 % des Français trouvent que les médias généralistes parlent trop du climat, tandis que 42,3 % d’entre eux estiment en revanche qu’ils n’en parlent pas assez et 27,5 % qu’ils en parlent « ce qu’il faut, ni plus ni moins ». Il en ressort qu’ils attendent aussi qu’ils en parlent différemment.

A l’heure de la multiplication des sources et de l’amoncellement des informations, il y a un vrai besoin de repères.

La perte de confiance vis à vis des cadres imposés (dont les médias)n’est pas propre au sujet écologique. Elle s’exprime sur de nombreux sujets de société (situation sanitaire, sécurité intérieure, information, etc). Cependant, elle se cristallise particulièrement autour des enjeux écologiques, en ce qu’ils sont globaux, transverses et alarmants.

Par ailleurs, « Une courte majorité de Français estime que la qualité de l’information délivrée par les journalistes s’est détériorée ces dernières années (54 %) : l’information est « parfois fausse et trop vite relayée » pour 74 % des Français, critique qui entre en résonance directe avec l’attente principale formulée envers les journalistes, celle de la vérification des informations fausses et des rumeurs»

(baromètre Viavoice mars 2023)

Il y a donc un vrai enjeu à recréer une relation de confiance entre journalistes et citoyens. Condition sine qua none pour que les médias traditionnels puissent incarner le rôle de balise que le GIEC lui confère.

Notons enfin que, pour celles et ceux qui penchent du côté du climatoscepticisme (catastrophisme, dénialisme, optimisme technologique, etc), certains médias et réseaux sociaux représentent des arènes idéales, discréditant les faits scientifiques. Or quand on sait la place que représentent les réseaux sociaux dans le bilan informationnel des plus jeunes, et que l’on a conscience des biais de confirmation et de négativité qui s’y exercent, nous pouvons légitimement nous interroger sur l’impact des fake news sur notre construction individuelle et démocratique. La meilleure compréhension de la construction de l’information et le développement d’un esprit critique vis à vis des sources et interprétations des faits donc un outil indispensable pour permettre à tous de comprendre les enjeux et d’être outillé pour participer à un débat démocratique serein.

>>> Au programme

25 avril de 18h30 à 20h : Table-ronde – Médias et écologie, les récits du passage à l’action en partenariat avec Arty Farty

Une table ronde rassemblant des professionnel·les du secteur des médias et de l’impact (fondateur de média, journaliste, formatrice, chargée de campagne auprès d’ONG) pour une heure d’échanges dédiés aux différents leviers journalistiques et éditoriaux dont les médias disposent pour raconter l’urgence climatique et les mobilisations citoyennes.

📍à la Maison de l’Environnement – 14 Avenue Tony Garnier, Lyon 7

📝 Inscription gratuite

Du 22 avril 26 avril : 5 demi-journées d’intervention avec un groupe de jeunes accompagnés par le centre social Bonnefoi (Lyon 3e)

28 mai de 9h à 12h : Atelier-conférence: comment se saisir des enjeux écologiques à travers le prisme de l’éducation aux médias ?

Dans un monde où l’urgence climatique et le déclin de la biodiversité sont des réalités incontournables, l’éducation aux médias devient un vecteur essentiel pour informer et mobiliser les citoyens. Le dernier rapport du GIEC a d’ailleurs souligné l’importance cruciale des médias dans la sensibilisation du grand public. Cependant, l’avalanche d’informations, parfois contradictoires, qui inonde les réseaux sociaux et autres plateformes en ligne rend la tâche complexe. Cet atelier-conférence de trois heures aborde cette thématique en deux temps : une conférence introductive pour explorer le rôle e l’éducation aux médias dans la sensibilisation aux enjeux écologiques, suivi d’un atelier en petits groupes pour découvrir des outils pratiques d’éducation aux médias.

📍à l’ISCPA Lyon (9e) campus René Cassin – salle 316

📝 Inscription gratuite

5 juin de 9h à 12h : Formation : Outils pour déjouer les fake news autour des enjeux environnementaux

À mesure que l’information est devenue infobésité, la désinformation s’est immiscée un peu partout. Elle émane de différents acteurs (politiques, économiques, religieux, étatiques, influenceurs et parfois même journalistes). Et elle touche à toutes les thématiques ou presque: la santé, la politique, l’économie, etc. Et l’environnement n’est pas en reste. 

Sauf que cette désinformation a des conséquences néfastes sur notre “vivre ensemble”: polarisation de l’opinion publique, diminution de l’autorité des scientifiques, déficit démocratique, perte de légitimité des institutions et des médias, susciter la peur ou le ressentiment, mauvaise perception du fonctionnement de nos sociétés, etc. 

>>> Lors de cet atelier, nous apprendrons donc à :

➡ Savoir lire et comprendre notre paysage médiatique,

➡ Nous interroger sur nos propres pratiques informationnelles,

➡ Démanteler les discours de greenwashing,

➡ Distinguer les différents “désordres informationnels”,

➡ Déceler les principaux acteurs de la désinformation,

➡ Identifier quelques bonnes pratiques.

📍à la Maison de l’Environnement – 14 Avenue Tony Garnier, Lyon 7

📝 Inscription gratuite

14 juin 2024 de 9h à 12h : Formation « mieux interagir avec la presse »

Qu’elles cherchent à faire connaître leurs activités, à réagir à l’actualité ou à mener un travail de fond pour enclencher des changements durables dans la société, les associations doivent composer avec les médias et se montrer structurées dans leur approche.

Au lieu de redouter ces moments, il est possible de s’y préparer, et même d’y prendre plaisir!
Nous verrons donc, ensemble, comment tirer au mieux profit de ces moments. 

>>> Vous y apprendrez à :

➡ Identifier l’environnement médiatique dans lequel nous évoluons,

➡ Comprendre le travail média et les journalistes,

➡ Connaître les techniques de porte-parolat (préparer son interview, les messages clés, adapter son message à son audience, anticiper les questions sensibles, soigner la forme, mener l’interview, etc),

➡ Vous entraîner,

➡ Comprendre et structurer un travail de plaidoyer.

📍à la Maison de l’Environnement – 14 Avenue Tony Garnier, Lyon 7

📝 Inscription gratuite

15 juin : conférence médias et éco-anxiété, dans le cadre du Villeur’good festival

Un Français sur deux souffre d’épuisement ou de stress face à un trop plein d’informations. En réaction, 28% cessent de s’informer régulièrement. C’est notamment le cas des éco-anxieux. Une menace à prendre au sérieux, car il y un risque de désertion démocratique. « L’atelier des médias », proposé par la journaliste Florence Gault, a pour objectif de sensibiliser les participants à l’impact émotionnel de l’information tout en encourageant une approche équilibrée et constructive de l’actualité.

📍(Adresse à venir)

📝 Inscription gratuite

20 juin de 14h à 17h : Formation Atelier des médias – découverte du circuit de l’information, du métier de journaliste

Avec le développement des réseaux sociaux et l’augmentation du nombre d’informations qui nous assaillent chaque jour, il est essentiel aujourd’hui d’accompagner les citoyens à mieux s’informer. Florence Gault, journaliste indépendante, créatrice du podcast « En un battement d’aile » a créé un atelier ludique de 3h qui invite à réfléchir à la manière dont ils s’informent, à comprendre comment est fabriquée l’information et à imaginer leur média idéal. Les participants pourront développer une réflexion personnelle sur leur propre consommation des médias et seront amenés à penser à des solutions pour améliorer l’information. Chacun repartira avec des outils pour mieux s’informer, et ainsi devenir, non pas un consommateur d’informations éclairé et responsable, mais un acteur d’un meilleur monde informationnel. 

📍à la Maison de l’Environnement – 14 Avenue Tony Garnier, Lyon 7

📝 Inscription gratuite

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